Je m’estime vs. Radio critique

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La subtile notion d’estime de soi … tout un programme

Je vous propose d’aborder l’estime de soi grâce à cette vidéo de Christophe André, psychiatre et psychothérapeute français.

Commençons déjà par une courte définition de l’estime de soi (merci Wikipédia). (Oui parce qu’il faut toujours un point de départ, et en bonne étudiante que j’ai été, je commence par une définition simple :-D).

« L’estime de soi est, dans la psychologie, un terme désignant le jugement ou l’évaluation faite d’un individu en rapport à sa propre valeur. »

On commence à travailler sur l’estime de soi dans les années 60-70 … Ce qui n’est pas si vieux que cela quand on voit que cette période est à cheval entre la génération de nos parents et la nôtre.

La relation aux parents

Christophe André nous amène à nous poser quelques questions :

  • Est-ce que mes parents ou la famille dans laquelle je vivais m’ont fait comprendre qu’on m’aimerait toujours même si je faisais des bêtises, ou si je n’étais pas le ou la meilleur(e) ?
  • Si j’échoue, est-ce que l’on me punit ?
  • Est-ce que mes parents valorisent ma réussite ?
  • Comment mes parents se comportaient eux-mêmes ? (regard des autres, doutes, peurs…)

Bon… on se rend bien compte que l’estime de soi commence déjà par la relation aux parents (et plus largement au cercle familial), au regard qu’ils posent sur nous, à leurs mots, leur présence, leur absence.

Et là automatiquement … vous allez prendre quelques minutes pour repenser à votre enfance et à la relation à vos parents, constater peut-être, que depuis l’enfance, cette relation n’a pas évolué (et vous en êtes peut-être content … très bien… ou peiné…) ou au contraire cette relation a évolué, positivement ou un peu moins positivement ou pas comme vous vouliez … peu importe.

L’idée de cet article est de vous aider à vous poser quelques questions et à analyser la situation sans chercher un ou des coupables. Les choses se sont faites ainsi (et il y a certainement une bonne raison) et on n’a pas à jeter la faute sur quelqu’un. Vos parents ont fait avec ce qu’ils avaient et vous faites aussi votre vie avec ce que vous avez.

L’objectif est d’aller vers une vie qui nous correspond mieux et l’estime de soi est  une des bases principales.

La délicate relation à soi

Comme Christophe André le dit dans cette vidéo, un des points importants est de  savoir se respecter comme on respecte un ami – instaurer quelque chose d’équilibré, de juste et de bienveillant. Ni plus ni moins.

Quand on m’a parlé de cette notion de s’aimer comme on aime ses amis je me suis tout de suite rendue compte que j’étais beaucoup plus tolérante, à l’écoute et compréhensive envers mes amis qu’envers moi-même.

Un exemple concret ? ok !

Si une amie est démoralisée parce qu’elle a loupé un entretien ou un examen super important pour elle, je vais l’écouter, la rassurer sur ses qualités et l’amener à se poser des questions sur son objectif pour qu’elle ait une vision plus claire de la situation :

– Pourquoi tu dis que tu es nulle ?! Ça n’a pas marché et bah ça n’a pas marché.  Et regarde tout ce que tu as réussi depuis toutes ces années, (et là je sors une liste bien complète en général …) peut-être que cet examen n’était pas si utile pour toi au final. Et t’as le droit de te tromper. Quel est ton objectif ? Peux-tu l’atteindre autrement ? et au fond de toi c’est vraiment ce que tu veux ?

Voilà le genre d’attitude que j’aurais envers mes amis quand ils sont mal ou baissent les bras, avec le petit bisou et le petit câlin qui vont bien car le contact physique est aussi important surtout dans ces moments de grande solitude intérieure.

On inverse les rôles :

Charline : ooooooooooooooohhhhh non j’ai loupé mon examen ! Comment je vais faire ma vie ?!!!! (bah oui tout de suite ma vie est finie … bah oui) je suis nulle, de toute façon j’ai toujours été moyenne dans tout, je vais décevoir tout le monde, qu’est ce qu’on va penser de moi ? …. (Et j’en passe …)

Vous vous reconnaissez ?? 😀

Elle est où la tolérance envers moi-même ? Ou la compréhension ? Elle n’est pas là ! La prise de recul pour voir ce que j’ai réalisé aussi de mon côté depuis des années ? Et le petit bisou et le petit câlin de réconfort-encouragement ?

Pourquoi je ne m’applique pas ce que je dis du fond du cœur à mes amis ?

Pourquoi j’aime bien me descendre plus bas que terre et peu importe que ce soit pour un examen loupé, un entretien, une tâche mal accomplie, une relation finie, pourquoi me culpabiliser et me sous estimer ? et bien parce que mon estime de moi-même n’est pas solide du tout. Et c’est dans ces moments « d’échec » qu’on se rend compte que l’on a ce petit problème.

Le manque d’estime de soi vient de nous. C’est le regard que nous posons sur nous-mêmes.

Et c’est là qu’on a le libre arbitre : soit on descend bien bas et on met un mouchoir dessus, comme on a dû faire pendant toute notre vie et on tente de remonter, soit on se regarde bien droit dans les yeux, on va chercher d’où vient cette mauvaise estime de soi, ce qui nous brouille et ce que l’on met en place pour se dévaloriser. Et là on prend sa vie en main car si on a une mauvaise estime de soi, il est clair pour moi, que construire sa vie comme on le souhaite va être très périlleux.

D’après ce que j’ai pu retenir de mes rencontres, on est quand même bien majoritaire à avoir une mauvaise estime de nous-mêmes. Quand on demande aux gens de s’estimer, justement, sans partir dans un côté narcissique, d’être seulement honnête et vrai, il y en a très peu, je trouve, qui arrivent à le faire s’ils n’ont pas travaillé sur eux avant. C’est vraiment une problématique actuelle et sociétale.

Et c’est là où le titre de ce blog prend toute sa valeur : on a la vie qu’on se fait. On nait avec des cartes en main, pas toujours faciles je vous l’accorde et on a le choix de les changer. Les épreuves de la vie, positives ou moins positives sont là pour nous faire voir ce qui nous plait et ne nous plait pas, ce qui nous heureux et ne nous rend pas heureux. Et on a le choix de rester dans une situation ou de chercher des solutions pour en sortir. Mais si on ne s’estime pas à la base, cela va être très dur. En tout cas c’est mon point de vue.

Le piège : s’identifier à un échec. Je subis un échec donc je suis nul(le).

Cercle vicieux : je vis un échec-> je suis nul(le) -> donc je doute de moi.

J’ai des peurs -> je teste moins de choses, je tente moins d’expériences -> je nourris toujours ces échecs = je ne vais pas y arriver et … oui effectivement je n’y arrive plus.

Et comme je perds confiance et bien je vis encore plus d’échecs car je me suis identifié(e) à cela …

Et en fond on est branché sur « Radio Critique » (expression de Christophe André qui me plait bien), et c’est cette fréquence qui nous conditionne, et qui tourne en boucle et qui crée un système de pensées automatiques.

Revenir à ses propres valeurs

Je crois que la question qu’il faut souvent se poser quand on sent que les choses bloquent, que les événements nous dépassent au point de nous perturber c’est : quelles sont mes valeurs ? Qu’est ce qui est vraiment important pour moi ? Suis-je prêt(e) à sacrifier une valeur pour vivre quelque chose ? Pour être avec quelqu’un ? Vous avez toujours le choix, pensez-y. Ensuite on assume ce que l’on fait mais on a toujours le choix.

Un exercice intéressant à faire est de noter ce qui est important pour soi, les valeurs sur lesquelles on ne peut transiger et les ressentir une par une. Ensuite analyser la situation qui nous pose problème et voir si on est dans cette valeur positive et constructive ou si on se sent un peu bancal. Cet exercice peut être fait plusieurs fois si vous avez besoin. Cela fait naître une ou des prises de conscience qui font avancer et qui peuvent exiger un changement de comportement important, une séparation … donc soyez bienveillant envers vous-même, comme vous le seriez avec un ami.

Cet article soulève quelques questions, idées. J’espère que cela vous aidera dans votre cheminement. En tout cas vous n’êtes pas seul et vous êtes capable de créer la vie que vous voulez. D’autres articles sur le sujet seront publiés et sur des sujets connexes.

Vous pouvez commenter, apporter votre témoignage et/ou des outils pour améliorer l’estime de soi.


Une petite référence : le site de Christophe André

Ils sont 4 commentaires

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  1. Julie

    Merci Charline Quand on lit ces mots cela semble évident. Si évident qu’on y pense même pas! Peut-être devons nous prendre plus de temps pour nous, pour notre « nous » intérieur. .. hâte de lire tes autres articles…

  2. onalaviequonsefait.com

    Merci Julie pour ton retour. Oui effectivement je pense que le retour à soi est nécessaire car on est vite perturbé par les événements de la vie, les paroles des autres qui peuvent être bienveillantes mais qui ne nous correspondent pas forcément. Etre fidèle à soi-même est important mais on ne nous éduque pas forcément comme cela. Donc c’est à nous de trouver la technique.

  3. Steph

    Très bon article Charline! 😀 Merci pour ta sincérité et ta simplicité dans tes explications. Je pense que beaucoup d’entre nous se reconnaîtra et trouvera des pistes pour continuer à cheminer vers le bien être intérieur.

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